Des histoires qui parlent

Le Match de Basket

Le Match de Basket Sam est en secondaire 2. Il est très fier de faire partie de l’équipe de basket depuis le début de l’année. Cependant, certains de ses coéquipiers acceptent mal la nouvelle recrue, et la situation finit par dégénérer. #violence physique / #parents / #insultes / #incompréhension / #témoin / #image

+ Mathieu Beauséjour
+10 Mathieu Beauséjour
Sa biographie Mathieu Beauséjour - Biographie

Mathieu Beauséjour, 13 ans, est en secondaire 2. C’est le capitaine de l’équipe de basket, cela depuis la formation de l’équipe, l’année précédente, au début du secondaire. C’est un bon garçon à la base, mais ce n’est pas pour rien qu’il est capitaine de son équipe : non seulement il est bon dans les sports, mais c’est une tête forte, un leader, qui aime bien que les choses se passent comme il l’entend.

Par contre, Mathieu respecte l’autorité légitime (celle du coach, de ses profs et de ses parents), parce qu’il ne veut pas d’ennuis, et surtout de motifs d’être expulsé du programme sports études (en-dehors de l’école, il fait du judo, et est qualifié d’« espoir » par Judo Québec). Il respecte aussi ceux qu’il considère comme ses égaux, comme Théo.

Mathieu a pris Samuel en grippe parce que ce dernier s’est qualifié pour l’équipe de basket en secondaire 2 au lieu d’un des amis de Mathieu, Tuan, qui faisait partie de l’équipe l’année précédente; Mathieu estime que Samuel a pris la place de Tuan. Ce qui est vrai. Mais il est vrai aussi que Samuel est meilleur au basket que Tuan. Ce qui fâche d’autant plus Mathieu. Il ne peut pas attaquer directement Samuel au sujet de ses performances, qui sont excellentes. Par contre, dans le vestiaire, Mathieu a découvert que Samuel avait une énorme tache de naissance. C’est là dessus qu’il a lancé sa campagne d’intimidation visant à débarquer Samuel de l’équipe.

Mathieu Beauséjour, 13 ans, est en secondaire 2. C’est le capitaine de l’équipe de basket, cela depuis la formation de l’équipe, l’année précédente, au début du secondaire. C’est un bon garçon à la base, mais ce n’est pas pour rien qu’il est capitaine de son équipe : non seulement il est bon dans les sports, mais c’est une tête forte, un leader, qui aime bien que les choses se passent comme il l’entend.

Par contre, Mathieu respecte l’autorité légitime (celle du coach, de ses profs et de ses parents), parce qu’il ne veut pas d’ennuis, et surtout de motifs d’être expulsé du programme sports études (en-dehors de l’école, il fait du judo, et est qualifié d’« espoir » par Judo Québec). Il respecte aussi ceux qu’il considère comme ses égaux, comme Théo.

Mathieu a pris Samuel en grippe parce que ce dernier s’est qualifié pour l’équipe de basket en secondaire 2 au lieu d’un des amis de Mathieu, Tuan, qui faisait partie de l’équipe l’année précédente; Mathieu estime que Samuel a pris la place de Tuan. Ce qui est vrai. Mais il est vrai aussi que Samuel est meilleur au basket que Tuan. Ce qui fâche d’autant plus Mathieu. Il ne peut pas attaquer directement Samuel au sujet de ses performances, qui sont excellentes. Par contre, dans le vestiaire, Mathieu a découvert que Samuel avait une énorme tache de naissance. C’est là dessus qu’il a lancé sa campagne d’intimidation visant à débarquer Samuel de l’équipe.

10 ans plus tard Mathieu Beauséjour 10 ans plus tard

Mathieu, à 23 ans, est devenu entrepreneur général.

« C’est en secondaire 2 que j’ai été renvoyé du programme sports-études. À l’époque, personne ne m’a cru, mais j’étais sincère : je ne voulais pas casser le bras de Samuel. C’était vraiment un accident. Je voulais juste le bardasser, mais j’ai été un peu trop rough.

Au début, j’en voulais à mort à Samuel. À cause de lui, j’avais l’air d’un monstre, pis il me faisait rater la carrière de judoka dont je rêvais. Mes parents… ils n’étaient pas d’accord avec ce que j’avais fait, mais ils trouvaient la punition trop forte. C’est normal, des parents, ça prend toujours pour leurs enfants. Mais Théo, lui, il n’avait aucune pitié pour moi. On est restés chums, mais il n’a jamais pris ma défense. Il trouvait que je méritais ce qui m’arrivait, pis il se gênait pas pour le dire.

C’est la meilleure chose qu’il pouvait faire. C’est grâce à lui que j’ai compris que j’étais le seul responsable de ce qui m’était arrivé. Même si je n’avais pas fait exprès de casser le bras de Samuel, toutes les autres fois où j’avais ri de sa tache de naissance, que j’avais dit qu’il puait, pis quand j’avais dit qu’il avait sucé le coach pour rentrer sur l’équipe, toutes ces fois-là où je l’avais écoeuré, je l’avais fait exprès, super exprès, pis c’était encore plus grave, peut-être, qu’un bras cassé. »

Mathieu, à 23 ans, est devenu entrepreneur général.

« C’est en secondaire 2 que j’ai été renvoyé du programme sports-études. À l’époque, personne ne m’a cru, mais j’étais sincère : je ne voulais pas casser le bras de Samuel. C’était vraiment un accident. Je voulais juste le bardasser, mais j’ai été un peu trop rough.

Au début, j’en voulais à mort à Samuel. À cause de lui, j’avais l’air d’un monstre, pis il me faisait rater la carrière de judoka dont je rêvais. Mes parents… ils n’étaient pas d’accord avec ce que j’avais fait, mais ils trouvaient la punition trop forte. C’est normal, des parents, ça prend toujours pour leurs enfants. Mais Théo, lui, il n’avait aucune pitié pour moi. On est restés chums, mais il n’a jamais pris ma défense. Il trouvait que je méritais ce qui m’arrivait, pis il se gênait pas pour le dire.

C’est la meilleure chose qu’il pouvait faire. C’est grâce à lui que j’ai compris que j’étais le seul responsable de ce qui m’était arrivé. Même si je n’avais pas fait exprès de casser le bras de Samuel, toutes les autres fois où j’avais ri de sa tache de naissance, que j’avais dit qu’il puait, pis quand j’avais dit qu’il avait sucé le coach pour rentrer sur l’équipe, toutes ces fois-là où je l’avais écoeuré, je l’avais fait exprès, super exprès, pis c’était encore plus grave, peut-être, qu’un bras cassé. »

+ Théo David
+10 Théo David
Sa biographie Théo David - Biographie

Théo David, 13 ans, est l’ami de Mathieu. C’est un garçon très sympathique, avec beaucoup d’amis, et surtout, un sens aigu de la justice.

Il a été populaire toute sa vie, mais n’a jamais profité de ce statut pour rabaisser qui que ce soit. Sa position sociale est tellement assurée qu’il n’hésite pas à parler à tout le monde, même aux « rejets ». Il a sa gang, et se tient presque exclusivement avec elle, mais si, par exemple, il doit faire un travail d’équipe avec un élève un peu « rejet », un peu timide, il lui manifeste autant de respect qu’à n’importe qui d’autre. S’il croise un nerd à l’extérieur de l’école, par exemple au cinéma, au lieu de l’ignorer, il le salue gentiment. Il n’hésite pas non plus à participer à des activités qui ont moins la cote, s’il en a envie. Il pourrait probablement faire du ballet classique que personne ne l’écœurerait.

Théo est donc plus mûr que Mathieu. Quand Mathieu a commencé à intimider Samuel, Théo est intervenu. Ça a donc calmé les choses, mais Samuel est quand même demeuré isolé dans l’équipe; personne ne l’aime vraiment. Tout le monde préférait le fameux Tuan. À cause de Théo, ils osent moins malmener Samuel, mais l’intimidation continue de manière plus subtile, plus insidieuse, et prend de l’ampleur quand Théo n’est pas dans les parages.

Théo David, 13 ans, est l’ami de Mathieu. C’est un garçon très sympathique, avec beaucoup d’amis, et surtout, un sens aigu de la justice.

Il a été populaire toute sa vie, mais n’a jamais profité de ce statut pour rabaisser qui que ce soit. Sa position sociale est tellement assurée qu’il n’hésite pas à parler à tout le monde, même aux « rejets ». Il a sa gang, et se tient presque exclusivement avec elle, mais si, par exemple, il doit faire un travail d’équipe avec un élève un peu « rejet », un peu timide, il lui manifeste autant de respect qu’à n’importe qui d’autre. S’il croise un nerd à l’extérieur de l’école, par exemple au cinéma, au lieu de l’ignorer, il le salue gentiment. Il n’hésite pas non plus à participer à des activités qui ont moins la cote, s’il en a envie. Il pourrait probablement faire du ballet classique que personne ne l’écœurerait.

Théo est donc plus mûr que Mathieu. Quand Mathieu a commencé à intimider Samuel, Théo est intervenu. Ça a donc calmé les choses, mais Samuel est quand même demeuré isolé dans l’équipe; personne ne l’aime vraiment. Tout le monde préférait le fameux Tuan. À cause de Théo, ils osent moins malmener Samuel, mais l’intimidation continue de manière plus subtile, plus insidieuse, et prend de l’ampleur quand Théo n’est pas dans les parages.

10 ans plus tard Théo David 10 ans plus tard

Théo, à 23 ans, fait ses études de médecine; il veut intégrer l’équipe de Médecins sans frontières.

« En secondaire 2, j’étais dans l’équipe de basket avec mon ami Mathieu. C’était un bon gars, mais quand il prenait quelqu’un en grippe, ça n’avait plus de fin. Quand Samuel s’est qualifié à la place de Tuan sur l’équipe de basket, je savais que Mathieu ferait toute une histoire. Pas devant le coach, pas devant les profs, mais le reste du temps… Ça allait être l’enfer. J’avais raison.

J’avais pas peur de Mathieu.. J’étais aussi bon, voire meilleur que lui à l’école et
dans les sports, pis surtout, je sortais toujours avec la plus belle fille de notre année. Il me respectait. C’est pour ça que je pouvais lui dire ma façon de penser. Je l’ai averti plusieurs fois d’arrêter. Quand ça a dégénéré pis que Mathieu a payé pour ce qu’il avait fait, j’étais content et triste à la fois. Je savais qu’ils laisseraient enfin Sam tranquille. Mais en même temps, j’aurais pas voulu qu’on soit obligés de se rendre là pour que ça arrête.

Après, l’école a fait une grande campagne contre l’intimidation. Ils ont nommé des « pacificateurs ». Je me suis porté volontaire. Le titre était un peu pompeux, mais l’important, c’est que ça marchait bien. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir parlé de ce qui se passait avant. Mais personne veut dénoncer personne. Tout le monde se cache, se tait, ferme les yeux, regarde ailleurs. L’intimidation, c’est une grosse machine qui carbure au secret. Un bras pété, ça fait mal, mais heureusement, ça se cache mal aussi, pis c’est grâce à ça que la machine a pété, à son tour. »

Théo, à 23 ans, fait ses études de médecine; il veut intégrer l’équipe de Médecins sans frontières.

« En secondaire 2, j’étais dans l’équipe de basket avec mon ami Mathieu. C’était un bon gars, mais quand il prenait quelqu’un en grippe, ça n’avait plus de fin. Quand Samuel s’est qualifié à la place de Tuan sur l’équipe de basket, je savais que Mathieu ferait toute une histoire. Pas devant le coach, pas devant les profs, mais le reste du temps… Ça allait être l’enfer. J’avais raison.

J’avais pas peur de Mathieu.. J’étais aussi bon, voire meilleur que lui à l’école et
dans les sports, pis surtout, je sortais toujours avec la plus belle fille de notre année. Il me respectait. C’est pour ça que je pouvais lui dire ma façon de penser. Je l’ai averti plusieurs fois d’arrêter. Quand ça a dégénéré pis que Mathieu a payé pour ce qu’il avait fait, j’étais content et triste à la fois. Je savais qu’ils laisseraient enfin Sam tranquille. Mais en même temps, j’aurais pas voulu qu’on soit obligés de se rendre là pour que ça arrête.

Après, l’école a fait une grande campagne contre l’intimidation. Ils ont nommé des « pacificateurs ». Je me suis porté volontaire. Le titre était un peu pompeux, mais l’important, c’est que ça marchait bien. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir parlé de ce qui se passait avant. Mais personne veut dénoncer personne. Tout le monde se cache, se tait, ferme les yeux, regarde ailleurs. L’intimidation, c’est une grosse machine qui carbure au secret. Un bras pété, ça fait mal, mais heureusement, ça se cache mal aussi, pis c’est grâce à ça que la machine a pété, à son tour. »

+ Samuel Brisebois
+10 Samuel Brisebois
Sa biographie Samuel Brisebois - Biographie

Samuel Brisebois, 13 ans, est un jeune garçon tout à fait ordinaire; il a des notes respectables à l’école, mais ce n’est pas un rat de bibliothèque. Il est un peu timide, mais rien de catastrophique. Il a des amis, à l’école et ailleurs. Sa vie était un long fleuve tranquille jusqu’à ce que lui prenne l’envie d’intégrer l’équipe de basket de son école. Il s’est présenté aux qualifications, et les a réussies. Il en était très fier.

Il ne se doutait pas, cependant, qu’il avait « pris la place » d’un ami du capitaine en se qualifiant, et qu’il en subirait les conséquences. Mais Samuel aime vraiment jouer au basket, et surtout, il est tenace. Il trouve qu’il mérite sa place dans l’équipe et il compte bien la garder. Il est prêt à endurer les méchancetés de ses coéquipiers pour rester dans l’équipe, et surtout, il se dit qu’ils vont bien finir par se tanner et par voir qu’il est un bon joueur. Il « attend que ça passe ».

Il n’a pas jugé bon de parler de ce qu’il vit à sa mère; selon lui, elle ne pourra rien faire et, de toutes façons, il est habitué à se débrouiller tout seul avec ses histoires de gars auxquelles sa mère, toujours selon lui, ne comprend rien. Peut-être que s’il était plus proche de son père, il lui en aurait parlé, mais ce n’est pas le cas : Samuel voit son père une fin de semaine sur deux, au mieux.

Samuel Brisebois, 13 ans, est un jeune garçon tout à fait ordinaire; il a des notes respectables à l’école, mais ce n’est pas un rat de bibliothèque. Il est un peu timide, mais rien de catastrophique. Il a des amis, à l’école et ailleurs. Sa vie était un long fleuve tranquille jusqu’à ce que lui prenne l’envie d’intégrer l’équipe de basket de son école. Il s’est présenté aux qualifications, et les a réussies. Il en était très fier.

Il ne se doutait pas, cependant, qu’il avait « pris la place » d’un ami du capitaine en se qualifiant, et qu’il en subirait les conséquences. Mais Samuel aime vraiment jouer au basket, et surtout, il est tenace. Il trouve qu’il mérite sa place dans l’équipe et il compte bien la garder. Il est prêt à endurer les méchancetés de ses coéquipiers pour rester dans l’équipe, et surtout, il se dit qu’ils vont bien finir par se tanner et par voir qu’il est un bon joueur. Il « attend que ça passe ».

Il n’a pas jugé bon de parler de ce qu’il vit à sa mère; selon lui, elle ne pourra rien faire et, de toutes façons, il est habitué à se débrouiller tout seul avec ses histoires de gars auxquelles sa mère, toujours selon lui, ne comprend rien. Peut-être que s’il était plus proche de son père, il lui en aurait parlé, mais ce n’est pas le cas : Samuel voit son père une fin de semaine sur deux, au mieux.

10 ans plus tard Samuel Brisebois 10 ans plus tard

Samuel, à 23 ans, est devenu élagueur.

« L’année de secondaire 2, c’est l’année du bras cassé. Ma mère a fait toute une histoire avec ça, l’école aussi, on aurait dit que la Terre entière parlait juste de ça. Quand je suis revenu à l’école, j’étais devenu à la fois une mascotte, une vedette, un héros, une victime. Ça faisait pas mal de stock. J’étais pas fou de ça. J’avais un peu honte de toute cette histoire-là. C’est comme si j’avais pas été capable de me défendre de moi même. Jusque-là, quand j’avais des problèmes, je les réglais tout seul. C’est pour ça que j’avais parlé à personne de ce qui se passait sur l’équipe. Même Théo, qui me défendait, dans le fond, j’avais envie de lui dire de se mêler de ses affaires.

La vie a continué, j’en n’ai pas fait une dépression. Je pensais plus à tout ça. Je suis allé à l’université. Après j’ai changé d’idée, je suis devenu élagueur. J’adore ce métier. Mais les gars avec qui je travaille… c’est pas des mauvais gars, mais eux, ils sont pas allés à l’université. C’est pas un problème en soi; c’est juste qu’ils trouvent que je parle trop bien, que je pète plus haut que le trou… Je suis pas dans leur gang. Rien de grave. Pas de quoi écrire à sa mère.

Sauf qu’un matin, j’ai craqué. J’ai pas été capable d’aller au travail. Juste de m’imaginer arriver aux trucks, de voir les gars prendre leur café debout en rond, en m’ignorant complètement… c’était au dessus de mes forces. Le psy que je vois dit que j’ai mal cicatrisé. Et il ne parle pas de mon bras. J’ai envie de dire qu’il a raison. Ces temps-ci, je me dis : j’aurais tellement dû en parler, à l’époque. À tout le monde. À ma mère, au directeur, aux profs, au coach, à n’importe qui, pour pas gérer ça seul. C’est normal de demander de l’aide. Je l’apprends aujourd’hui. »

Samuel, à 23 ans, est devenu élagueur.

« L’année de secondaire 2, c’est l’année du bras cassé. Ma mère a fait toute une histoire avec ça, l’école aussi, on aurait dit que la Terre entière parlait juste de ça. Quand je suis revenu à l’école, j’étais devenu à la fois une mascotte, une vedette, un héros, une victime. Ça faisait pas mal de stock. J’étais pas fou de ça. J’avais un peu honte de toute cette histoire-là. C’est comme si j’avais pas été capable de me défendre de moi même. Jusque-là, quand j’avais des problèmes, je les réglais tout seul. C’est pour ça que j’avais parlé à personne de ce qui se passait sur l’équipe. Même Théo, qui me défendait, dans le fond, j’avais envie de lui dire de se mêler de ses affaires.

La vie a continué, j’en n’ai pas fait une dépression. Je pensais plus à tout ça. Je suis allé à l’université. Après j’ai changé d’idée, je suis devenu élagueur. J’adore ce métier. Mais les gars avec qui je travaille… c’est pas des mauvais gars, mais eux, ils sont pas allés à l’université. C’est pas un problème en soi; c’est juste qu’ils trouvent que je parle trop bien, que je pète plus haut que le trou… Je suis pas dans leur gang. Rien de grave. Pas de quoi écrire à sa mère.

Sauf qu’un matin, j’ai craqué. J’ai pas été capable d’aller au travail. Juste de m’imaginer arriver aux trucks, de voir les gars prendre leur café debout en rond, en m’ignorant complètement… c’était au dessus de mes forces. Le psy que je vois dit que j’ai mal cicatrisé. Et il ne parle pas de mon bras. J’ai envie de dire qu’il a raison. Ces temps-ci, je me dis : j’aurais tellement dû en parler, à l’époque. À tout le monde. À ma mère, au directeur, aux profs, au coach, à n’importe qui, pour pas gérer ça seul. C’est normal de demander de l’aide. Je l’apprends aujourd’hui. »

+ Maude Gagnon
+10 Maude Gagnon
Sa biographie Maude Gagnon - Biographie

Maude Gagnon, 35 ans, est la mère de Samuel. Divorcée depuis huit ans, elle a la garde de ses deux enfants, qui ne voient leur père qu’une fin de semaine sur deux, et encore, quand le père trouve que ça adonne dans son horaire. Maude s’occupe bien de ses enfants mais, comme toute mère monoparentale, elle trouve qu’il n’y a pas assez de 24 heures dans une journée pour arriver à tout faire. Entre les repas, le travail, les boîtes à lunch, les devoirs et les activités parascolaires, certaines choses lui échappent parfois, et c’est bien normal.

Elle est très fière de ses deux fils. Elle sait que ce n’est pas facile pour eux de grandir sans la présence de leur père, mais elle trouve qu’ils s’en sortent très bien. Ils ont l’air équilibrés, heureux, bien dans leur peau. Elle était très contente que son aîné intègre l’équipe de basket. Elle trouve que les sports d’équipe apportent une dimension importante au développement social des enfants. Elle n’a aucune idée des humiliations que Samuel doit affronter dans l’équipe.

Maude Gagnon, 35 ans, est la mère de Samuel. Divorcée depuis huit ans, elle a la garde de ses deux enfants, qui ne voient leur père qu’une fin de semaine sur deux, et encore, quand le père trouve que ça adonne dans son horaire. Maude s’occupe bien de ses enfants mais, comme toute mère monoparentale, elle trouve qu’il n’y a pas assez de 24 heures dans une journée pour arriver à tout faire. Entre les repas, le travail, les boîtes à lunch, les devoirs et les activités parascolaires, certaines choses lui échappent parfois, et c’est bien normal.

Elle est très fière de ses deux fils. Elle sait que ce n’est pas facile pour eux de grandir sans la présence de leur père, mais elle trouve qu’ils s’en sortent très bien. Ils ont l’air équilibrés, heureux, bien dans leur peau. Elle était très contente que son aîné intègre l’équipe de basket. Elle trouve que les sports d’équipe apportent une dimension importante au développement social des enfants. Elle n’a aucune idée des humiliations que Samuel doit affronter dans l’équipe.

10 ans plus tard Maude Gagnon 10 ans plus tard

À 48 ans, Maude est toujours inquiète pour son beau Samuel.

« Les gars, ça parle moins que les filles. Pis les gars, ça parle moins à leur mère que les filles. Pis Samuel, il parle moins que la moyenne des gars. Alors c’est ben difficile de savoir ce qu’il vit, ce qu’il a dans la tête.

Quand il s’est fait casser le bras à l’école, ça a été tout un choc pour moi. Je m’en voulais à mort de n’avoir rien détecté de spécial; j’ai appris, par bribes, que ça faisait des mois que ça durait, que Samuel endurait toutes sortes d’affaires presque chaque fois qu’il allait au basket. C’est pas Samuel qui m’a raconté, c’est les autres p’tits gars, pis les profs, pis le coach.

Je me sentais tellement impuissante! J’aurais tellement voulu l’aider, mais il me laissait pas faire. Alors à un moment donné, j’ai abandonné, j’ai arrêté d’essayer d’en parler. C’est resté comme ça. Jusqu’à aujourd’hui. Il m’a téléphoné. Il veut qu’on aille souper jeudi prochain, juste tous les deux. Il a dit qu’il avait le goût de jaser. Ces derniers temps, Samuel a le regard comme… éteint. Ça m’inquiétait, mais je posais pas de questions. Je suis contente qu’il m’ait appelée. Cette fois-là, peut-être qu’il va me laisser l’aider. »

À 48 ans, Maude est toujours inquiète pour son beau Samuel.

« Les gars, ça parle moins que les filles. Pis les gars, ça parle moins à leur mère que les filles. Pis Samuel, il parle moins que la moyenne des gars. Alors c’est ben difficile de savoir ce qu’il vit, ce qu’il a dans la tête.

Quand il s’est fait casser le bras à l’école, ça a été tout un choc pour moi. Je m’en voulais à mort de n’avoir rien détecté de spécial; j’ai appris, par bribes, que ça faisait des mois que ça durait, que Samuel endurait toutes sortes d’affaires presque chaque fois qu’il allait au basket. C’est pas Samuel qui m’a raconté, c’est les autres p’tits gars, pis les profs, pis le coach.

Je me sentais tellement impuissante! J’aurais tellement voulu l’aider, mais il me laissait pas faire. Alors à un moment donné, j’ai abandonné, j’ai arrêté d’essayer d’en parler. C’est resté comme ça. Jusqu’à aujourd’hui. Il m’a téléphoné. Il veut qu’on aille souper jeudi prochain, juste tous les deux. Il a dit qu’il avait le goût de jaser. Ces derniers temps, Samuel a le regard comme… éteint. Ça m’inquiétait, mais je posais pas de questions. Je suis contente qu’il m’ait appelée. Cette fois-là, peut-être qu’il va me laisser l’aider. »

Personnages
Mathieu Beauséjour
Mathieu Beauséjour Sa biographie
10 ans plus tard
Mathieu Beauséjour - Biographie

Mathieu Beauséjour, 13 ans, est en secondaire 2. C’est le capitaine de l’équipe de basket, cela depuis la formation de l’équipe, l’année précédente, au début du secondaire. C’est un bon garçon à la base, mais ce n’est pas pour rien qu’il est capitaine de son équipe : non seulement il est bon dans les sports, mais c’est une tête forte, un leader, qui aime bien que les choses se passent comme il l’entend.

Par contre, Mathieu respecte l’autorité légitime (celle du coach, de ses profs et de ses parents), parce qu’il ne veut pas d’ennuis, et surtout de motifs d’être expulsé du programme sports études (en-dehors de l’école, il fait du judo, et est qualifié d’« espoir » par Judo Québec). Il respecte aussi ceux qu’il considère comme ses égaux, comme Théo.

Mathieu a pris Samuel en grippe parce que ce dernier s’est qualifié pour l’équipe de basket en secondaire 2 au lieu d’un des amis de Mathieu, Tuan, qui faisait partie de l’équipe l’année précédente; Mathieu estime que Samuel a pris la place de Tuan. Ce qui est vrai. Mais il est vrai aussi que Samuel est meilleur au basket que Tuan. Ce qui fâche d’autant plus Mathieu. Il ne peut pas attaquer directement Samuel au sujet de ses performances, qui sont excellentes. Par contre, dans le vestiaire, Mathieu a découvert que Samuel avait une énorme tache de naissance. C’est là dessus qu’il a lancé sa campagne d’intimidation visant à débarquer Samuel de l’équipe.

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Mathieu Beauséjour 10 ans plus tard

Mathieu, à 23 ans, est devenu entrepreneur général.

« C’est en secondaire 2 que j’ai été renvoyé du programme sports-études. À l’époque, personne ne m’a cru, mais j’étais sincère : je ne voulais pas casser le bras de Samuel. C’était vraiment un accident. Je voulais juste le bardasser, mais j’ai été un peu trop rough.

Au début, j’en voulais à mort à Samuel. À cause de lui, j’avais l’air d’un monstre, pis il me faisait rater la carrière de judoka dont je rêvais. Mes parents… ils n’étaient pas d’accord avec ce que j’avais fait, mais ils trouvaient la punition trop forte. C’est normal, des parents, ça prend toujours pour leurs enfants. Mais Théo, lui, il n’avait aucune pitié pour moi. On est restés chums, mais il n’a jamais pris ma défense. Il trouvait que je méritais ce qui m’arrivait, pis il se gênait pas pour le dire.

C’est la meilleure chose qu’il pouvait faire. C’est grâce à lui que j’ai compris que j’étais le seul responsable de ce qui m’était arrivé. Même si je n’avais pas fait exprès de casser le bras de Samuel, toutes les autres fois où j’avais ri de sa tache de naissance, que j’avais dit qu’il puait, pis quand j’avais dit qu’il avait sucé le coach pour rentrer sur l’équipe, toutes ces fois-là où je l’avais écoeuré, je l’avais fait exprès, super exprès, pis c’était encore plus grave, peut-être, qu’un bras cassé. »

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Théo David
Théo David Sa biographie
10 ans plus tard
Théo David - Biographie

Théo David, 13 ans, est l’ami de Mathieu. C’est un garçon très sympathique, avec beaucoup d’amis, et surtout, un sens aigu de la justice.

Il a été populaire toute sa vie, mais n’a jamais profité de ce statut pour rabaisser qui que ce soit. Sa position sociale est tellement assurée qu’il n’hésite pas à parler à tout le monde, même aux « rejets ». Il a sa gang, et se tient presque exclusivement avec elle, mais si, par exemple, il doit faire un travail d’équipe avec un élève un peu « rejet », un peu timide, il lui manifeste autant de respect qu’à n’importe qui d’autre. S’il croise un nerd à l’extérieur de l’école, par exemple au cinéma, au lieu de l’ignorer, il le salue gentiment. Il n’hésite pas non plus à participer à des activités qui ont moins la cote, s’il en a envie. Il pourrait probablement faire du ballet classique que personne ne l’écœurerait.

Théo est donc plus mûr que Mathieu. Quand Mathieu a commencé à intimider Samuel, Théo est intervenu. Ça a donc calmé les choses, mais Samuel est quand même demeuré isolé dans l’équipe; personne ne l’aime vraiment. Tout le monde préférait le fameux Tuan. À cause de Théo, ils osent moins malmener Samuel, mais l’intimidation continue de manière plus subtile, plus insidieuse, et prend de l’ampleur quand Théo n’est pas dans les parages.

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Théo David 10 ans plus tard

Théo, à 23 ans, fait ses études de médecine; il veut intégrer l’équipe de Médecins sans frontières.

« En secondaire 2, j’étais dans l’équipe de basket avec mon ami Mathieu. C’était un bon gars, mais quand il prenait quelqu’un en grippe, ça n’avait plus de fin. Quand Samuel s’est qualifié à la place de Tuan sur l’équipe de basket, je savais que Mathieu ferait toute une histoire. Pas devant le coach, pas devant les profs, mais le reste du temps… Ça allait être l’enfer. J’avais raison.

J’avais pas peur de Mathieu.. J’étais aussi bon, voire meilleur que lui à l’école et
dans les sports, pis surtout, je sortais toujours avec la plus belle fille de notre année. Il me respectait. C’est pour ça que je pouvais lui dire ma façon de penser. Je l’ai averti plusieurs fois d’arrêter. Quand ça a dégénéré pis que Mathieu a payé pour ce qu’il avait fait, j’étais content et triste à la fois. Je savais qu’ils laisseraient enfin Sam tranquille. Mais en même temps, j’aurais pas voulu qu’on soit obligés de se rendre là pour que ça arrête.

Après, l’école a fait une grande campagne contre l’intimidation. Ils ont nommé des « pacificateurs ». Je me suis porté volontaire. Le titre était un peu pompeux, mais l’important, c’est que ça marchait bien. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir parlé de ce qui se passait avant. Mais personne veut dénoncer personne. Tout le monde se cache, se tait, ferme les yeux, regarde ailleurs. L’intimidation, c’est une grosse machine qui carbure au secret. Un bras pété, ça fait mal, mais heureusement, ça se cache mal aussi, pis c’est grâce à ça que la machine a pété, à son tour. »

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Samuel Brisebois
Samuel Brisebois Sa biographie
10 ans plus tard
Samuel Brisebois - Biographie

Samuel Brisebois, 13 ans, est un jeune garçon tout à fait ordinaire; il a des notes respectables à l’école, mais ce n’est pas un rat de bibliothèque. Il est un peu timide, mais rien de catastrophique. Il a des amis, à l’école et ailleurs. Sa vie était un long fleuve tranquille jusqu’à ce que lui prenne l’envie d’intégrer l’équipe de basket de son école. Il s’est présenté aux qualifications, et les a réussies. Il en était très fier.

Il ne se doutait pas, cependant, qu’il avait « pris la place » d’un ami du capitaine en se qualifiant, et qu’il en subirait les conséquences. Mais Samuel aime vraiment jouer au basket, et surtout, il est tenace. Il trouve qu’il mérite sa place dans l’équipe et il compte bien la garder. Il est prêt à endurer les méchancetés de ses coéquipiers pour rester dans l’équipe, et surtout, il se dit qu’ils vont bien finir par se tanner et par voir qu’il est un bon joueur. Il « attend que ça passe ».

Il n’a pas jugé bon de parler de ce qu’il vit à sa mère; selon lui, elle ne pourra rien faire et, de toutes façons, il est habitué à se débrouiller tout seul avec ses histoires de gars auxquelles sa mère, toujours selon lui, ne comprend rien. Peut-être que s’il était plus proche de son père, il lui en aurait parlé, mais ce n’est pas le cas : Samuel voit son père une fin de semaine sur deux, au mieux.

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Samuel Brisebois 10 ans plus tard

Samuel, à 23 ans, est devenu élagueur.

« L’année de secondaire 2, c’est l’année du bras cassé. Ma mère a fait toute une histoire avec ça, l’école aussi, on aurait dit que la Terre entière parlait juste de ça. Quand je suis revenu à l’école, j’étais devenu à la fois une mascotte, une vedette, un héros, une victime. Ça faisait pas mal de stock. J’étais pas fou de ça. J’avais un peu honte de toute cette histoire-là. C’est comme si j’avais pas été capable de me défendre de moi même. Jusque-là, quand j’avais des problèmes, je les réglais tout seul. C’est pour ça que j’avais parlé à personne de ce qui se passait sur l’équipe. Même Théo, qui me défendait, dans le fond, j’avais envie de lui dire de se mêler de ses affaires.

La vie a continué, j’en n’ai pas fait une dépression. Je pensais plus à tout ça. Je suis allé à l’université. Après j’ai changé d’idée, je suis devenu élagueur. J’adore ce métier. Mais les gars avec qui je travaille… c’est pas des mauvais gars, mais eux, ils sont pas allés à l’université. C’est pas un problème en soi; c’est juste qu’ils trouvent que je parle trop bien, que je pète plus haut que le trou… Je suis pas dans leur gang. Rien de grave. Pas de quoi écrire à sa mère.

Sauf qu’un matin, j’ai craqué. J’ai pas été capable d’aller au travail. Juste de m’imaginer arriver aux trucks, de voir les gars prendre leur café debout en rond, en m’ignorant complètement… c’était au dessus de mes forces. Le psy que je vois dit que j’ai mal cicatrisé. Et il ne parle pas de mon bras. J’ai envie de dire qu’il a raison. Ces temps-ci, je me dis : j’aurais tellement dû en parler, à l’époque. À tout le monde. À ma mère, au directeur, aux profs, au coach, à n’importe qui, pour pas gérer ça seul. C’est normal de demander de l’aide. Je l’apprends aujourd’hui. »

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Maude Gagnon
Maude Gagnon Sa biographie
10 ans plus tard
Maude Gagnon - Biographie

Maude Gagnon, 35 ans, est la mère de Samuel. Divorcée depuis huit ans, elle a la garde de ses deux enfants, qui ne voient leur père qu’une fin de semaine sur deux, et encore, quand le père trouve que ça adonne dans son horaire. Maude s’occupe bien de ses enfants mais, comme toute mère monoparentale, elle trouve qu’il n’y a pas assez de 24 heures dans une journée pour arriver à tout faire. Entre les repas, le travail, les boîtes à lunch, les devoirs et les activités parascolaires, certaines choses lui échappent parfois, et c’est bien normal.

Elle est très fière de ses deux fils. Elle sait que ce n’est pas facile pour eux de grandir sans la présence de leur père, mais elle trouve qu’ils s’en sortent très bien. Ils ont l’air équilibrés, heureux, bien dans leur peau. Elle était très contente que son aîné intègre l’équipe de basket. Elle trouve que les sports d’équipe apportent une dimension importante au développement social des enfants. Elle n’a aucune idée des humiliations que Samuel doit affronter dans l’équipe.

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Maude Gagnon 10 ans plus tard

À 48 ans, Maude est toujours inquiète pour son beau Samuel.

« Les gars, ça parle moins que les filles. Pis les gars, ça parle moins à leur mère que les filles. Pis Samuel, il parle moins que la moyenne des gars. Alors c’est ben difficile de savoir ce qu’il vit, ce qu’il a dans la tête.

Quand il s’est fait casser le bras à l’école, ça a été tout un choc pour moi. Je m’en voulais à mort de n’avoir rien détecté de spécial; j’ai appris, par bribes, que ça faisait des mois que ça durait, que Samuel endurait toutes sortes d’affaires presque chaque fois qu’il allait au basket. C’est pas Samuel qui m’a raconté, c’est les autres p’tits gars, pis les profs, pis le coach.

Je me sentais tellement impuissante! J’aurais tellement voulu l’aider, mais il me laissait pas faire. Alors à un moment donné, j’ai abandonné, j’ai arrêté d’essayer d’en parler. C’est resté comme ça. Jusqu’à aujourd’hui. Il m’a téléphoné. Il veut qu’on aille souper jeudi prochain, juste tous les deux. Il a dit qu’il avait le goût de jaser. Ces derniers temps, Samuel a le regard comme… éteint. Ça m’inquiétait, mais je posais pas de questions. Je suis contente qu’il m’ait appelée. Cette fois-là, peut-être qu’il va me laisser l’aider. »

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