Des histoires qui parlent

La Kermesse

La Kermesse Jasmine est en secondaire 1. La jeune fille d’origine haïtienne est emballée par l’idée de faire son premier voyage de canot-camping à la fin de l’année scolaire. Mais lors de la kermesse organisée pour financer l’activité, les choses tournent mal. #nerd / #racisme / #différence / #impopularité / #colère / #vengeance / #témoin / #humiliation / #intimidé

+ Jasmine Jean-Baptiste
+10 Jasmine Jean-Baptiste
Sa biographie Jasmine Jean-Baptiste - Biographie

Jasmine Jean-Baptiste, 11 ans, est en secondaire 1. Elle est arrivée au Canada l’année précédente dans le cadre du Programme spécial de parrainage humanitaire mis en place par le gouvernement du Québec après le séisme ayant dévasté Haïti. C’est grâce à son oncle agronome, établi dans un petit village de la campagne québécoise depuis quelques années, que Jasmine et sa famille ont pu se réfugier au Canada après avoir tout perdu dans le séisme, et les nouveaux arrivants se sont ainsi retrouvés catapultés du jour au lendemain en milieu rural québécois.

Jasmine, Noire, chrétienne pratiquante et nouvelle immigrante : tous les ingrédients étaient réunis pour être victime d’intimidation. Sauf que Jasmine appartient à une famille tissée serrée, instruite, où l’entraide mais également la réussite sont valorisées. Cette cellule, qui est son centre, sa référence, lui a permis de trouver la force nécessaire pour traverser l’épreuve de l’intégration.

L’autre pilier de sa vie est le sport, pour lequel elle est douée. Elle a découvert avec excitation le hockey lors de son premier hiver. Elle brille un peu moins dans les matières « cérébrales », surtout les mathématiques. Son père a donc exigé qu’elle s’inscrive au club d’échecs de l’école à son arrivée au Québec, et dans la famille Jean-Baptiste, on ne conteste pas l’autorité parentale. Par contre, on peut négocier : en échange, Jasmine a demandé de faire partie l’équipe de hockey féminin, et ses parents ont accepté. C’est au club d’échecs qu’elle a fait la connaissance de Raphaël, qui a été son premier ami à sa nouvelle école. Ils sont très proches, et essaient de s’aider mutuellement : Raphaël aide Jasmine dans ses devoirs et dans son apprentissage de la vie québécoise, et Jasmine essaie d’aider Raphaël à faire sa place à l’école et à se faire respecter.

Jasmine Jean-Baptiste, 11 ans, est en secondaire 1. Elle est arrivée au Canada l’année précédente dans le cadre du Programme spécial de parrainage humanitaire mis en place par le gouvernement du Québec après le séisme ayant dévasté Haïti. C’est grâce à son oncle agronome, établi dans un petit village de la campagne québécoise depuis quelques années, que Jasmine et sa famille ont pu se réfugier au Canada après avoir tout perdu dans le séisme, et les nouveaux arrivants se sont ainsi retrouvés catapultés du jour au lendemain en milieu rural québécois.

Jasmine, Noire, chrétienne pratiquante et nouvelle immigrante : tous les ingrédients étaient réunis pour être victime d’intimidation. Sauf que Jasmine appartient à une famille tissée serrée, instruite, où l’entraide mais également la réussite sont valorisées. Cette cellule, qui est son centre, sa référence, lui a permis de trouver la force nécessaire pour traverser l’épreuve de l’intégration.

L’autre pilier de sa vie est le sport, pour lequel elle est douée. Elle a découvert avec excitation le hockey lors de son premier hiver. Elle brille un peu moins dans les matières « cérébrales », surtout les mathématiques. Son père a donc exigé qu’elle s’inscrive au club d’échecs de l’école à son arrivée au Québec, et dans la famille Jean-Baptiste, on ne conteste pas l’autorité parentale. Par contre, on peut négocier : en échange, Jasmine a demandé de faire partie l’équipe de hockey féminin, et ses parents ont accepté. C’est au club d’échecs qu’elle a fait la connaissance de Raphaël, qui a été son premier ami à sa nouvelle école. Ils sont très proches, et essaient de s’aider mutuellement : Raphaël aide Jasmine dans ses devoirs et dans son apprentissage de la vie québécoise, et Jasmine essaie d’aider Raphaël à faire sa place à l’école et à se faire respecter.

10 ans plus tard Jasmine Jean-Baptiste 10 ans plus tard

_Jasmine, à 21 ans, fait son baccalauréat en éducation physique; elle veut enseigner dans une école secondaire. _

« Secondaire 1… c’est l’année où je venais d’arriver au Canada. C’était pas évident, ça faisait beaucoup de nouveau d’un seul coup : l’hiver, la campagne, le sirop d’érable, le hockey, et puis la langue… Avec mes sœurs et mon frère, le soir, on pratiquait notre québécois. On se disait les nouveaux mots qu’on avait entendus pendant la journée, on essayait de les utiliser, de les combiner. On a appris vite, entre autres grâce à Raphaël, qui m’en expliquait plein. Comme le mot nerd. « Un nerd, c’est facile : c’est un moi. » Je me souviens qu’il a lâché ça comme si c’était rien, en souriant. Mais c’était loin d’être rien. Il se faisait écœurer sans arrêt. Il manquait souvent l’école. Ça devait être trop dur de subir ça tout le temps; il avait besoin de breaks.

Raphaël a été mon premier ami au Québec. On s’est perdus de vue après le secondaire 5, mais jusque-là, on est toujours restés proches, même si j’avais une autre gang, du monde qui faisait du sport. J’ai tellement voulu l’aider à devenir cool. Je l’ai amené avec moi dans des partys. Mais ça ne marchait pas. Il mettait les autres mal à l’aise tellement il était lui-même mal à l’aise. Alors j’ai continué à le voir toute seule. J’ai arrêté de vouloir le changer ou de changer les autres, mais jamais de le défendre. Ça me mettait hors de moi quand on se moquait de lui. Ça a duré jusqu’à la fin du secondaire. J’espérais toujours que ça se calme, mais non, ils ne l’ont jamais laissé tranquille. J’ai été impuissante à les arrêter.

Je serais curieuse de savoir ce qu’il serait devenu aujourd’hui. Je veux dire, s’il n’avait pas sauté en bas du pont il y a quatre ans. »

_Jasmine, à 21 ans, fait son baccalauréat en éducation physique; elle veut enseigner dans une école secondaire. _

« Secondaire 1… c’est l’année où je venais d’arriver au Canada. C’était pas évident, ça faisait beaucoup de nouveau d’un seul coup : l’hiver, la campagne, le sirop d’érable, le hockey, et puis la langue… Avec mes sœurs et mon frère, le soir, on pratiquait notre québécois. On se disait les nouveaux mots qu’on avait entendus pendant la journée, on essayait de les utiliser, de les combiner. On a appris vite, entre autres grâce à Raphaël, qui m’en expliquait plein. Comme le mot nerd. « Un nerd, c’est facile : c’est un moi. » Je me souviens qu’il a lâché ça comme si c’était rien, en souriant. Mais c’était loin d’être rien. Il se faisait écœurer sans arrêt. Il manquait souvent l’école. Ça devait être trop dur de subir ça tout le temps; il avait besoin de breaks.

Raphaël a été mon premier ami au Québec. On s’est perdus de vue après le secondaire 5, mais jusque-là, on est toujours restés proches, même si j’avais une autre gang, du monde qui faisait du sport. J’ai tellement voulu l’aider à devenir cool. Je l’ai amené avec moi dans des partys. Mais ça ne marchait pas. Il mettait les autres mal à l’aise tellement il était lui-même mal à l’aise. Alors j’ai continué à le voir toute seule. J’ai arrêté de vouloir le changer ou de changer les autres, mais jamais de le défendre. Ça me mettait hors de moi quand on se moquait de lui. Ça a duré jusqu’à la fin du secondaire. J’espérais toujours que ça se calme, mais non, ils ne l’ont jamais laissé tranquille. J’ai été impuissante à les arrêter.

Je serais curieuse de savoir ce qu’il serait devenu aujourd’hui. Je veux dire, s’il n’avait pas sauté en bas du pont il y a quatre ans. »

+ Raphaël Bégin
+10 Raphaël Bégin
Sa biographie Raphaël Bégin - Biographie

Raphaël Bégin, 10 ans, est un nerd jusqu’au bout des ongles. Il porte des lunettes. Il a sauté une année au primaire. Il a des notes très fortes, sans presque étudier. Il s’intéresse aux mathématiques, aux échecs, mais aussi à l’astronomie et aux sciences en général. Il sait bien que rien de cela n’est cool aux yeux des autres, mais il n’y peut rien; il est né comme ça, avec une intelligence hors normes, une mémoire d’éléphant, une passion pour l’abstraction, les concepts logiques et les sciences, et une incapacité à s’intéresser ou même à faire semblant de s’intéresser à des sujets comme le nom des joueurs des Canadiens et les résultats des parties de football. Son cauchemar absolu est l’éducation physique. Il est nul en sports, n’a aucun intérêt pour eux et, même s’il les aimait, son asthme aurait été un handicap sévère.

Il est victime d’intimidation depuis la quatrième année, soit l’année où il a sauté une classe. Il trouve injuste d’avoir le corps qu’il a, avec sa petite constitution, ses problèmes de vue, son asthme; il se dit que si, au moins, il avait été plus imposant physiquement, on l’aurait laissé en paix avec ses étoiles et ses chiffres. Quand il y pense, il prend pour exemple Antoine Potvin, son principal bourreau, qui a des notes presque aussi bonnes que lui mais qui, à la différence de Raphaël, est beau et excelle dans les sports d’équipe, caractéristiques qui l’excluent, malgré sa réussite scolaire, de la catégorie peu enviable des nerds. Raphaël est bien sûr très malheureux mais, pour le cacher, il s’évade dans les livres, et ses parents ne s’en inquiètent pas, parce qu’il a toujours été un petit garçon tranquille, réservé et intello, alors ils n’ont décelé aucun changement de comportement chez lui depuis sa quatrième année.

Raphaël Bégin, 10 ans, est un nerd jusqu’au bout des ongles. Il porte des lunettes. Il a sauté une année au primaire. Il a des notes très fortes, sans presque étudier. Il s’intéresse aux mathématiques, aux échecs, mais aussi à l’astronomie et aux sciences en général. Il sait bien que rien de cela n’est cool aux yeux des autres, mais il n’y peut rien; il est né comme ça, avec une intelligence hors normes, une mémoire d’éléphant, une passion pour l’abstraction, les concepts logiques et les sciences, et une incapacité à s’intéresser ou même à faire semblant de s’intéresser à des sujets comme le nom des joueurs des Canadiens et les résultats des parties de football. Son cauchemar absolu est l’éducation physique. Il est nul en sports, n’a aucun intérêt pour eux et, même s’il les aimait, son asthme aurait été un handicap sévère.

Il est victime d’intimidation depuis la quatrième année, soit l’année où il a sauté une classe. Il trouve injuste d’avoir le corps qu’il a, avec sa petite constitution, ses problèmes de vue, son asthme; il se dit que si, au moins, il avait été plus imposant physiquement, on l’aurait laissé en paix avec ses étoiles et ses chiffres. Quand il y pense, il prend pour exemple Antoine Potvin, son principal bourreau, qui a des notes presque aussi bonnes que lui mais qui, à la différence de Raphaël, est beau et excelle dans les sports d’équipe, caractéristiques qui l’excluent, malgré sa réussite scolaire, de la catégorie peu enviable des nerds. Raphaël est bien sûr très malheureux mais, pour le cacher, il s’évade dans les livres, et ses parents ne s’en inquiètent pas, parce qu’il a toujours été un petit garçon tranquille, réservé et intello, alors ils n’ont décelé aucun changement de comportement chez lui depuis sa quatrième année.

10 ans plus tard Raphaël Bégin 10 ans plus tard

_Raphaël, à 20 ans, aurait pu être au doctorat en physique, étudier au MIT ou à Harvard, ou être un brillant étudiant à l’École polytechnique. Mais Raphaël n’a jamais atteint l’âge de 22 ans. À l’âge de 17 ans, dans un grand moment de détresse et de solitude, il a renoncé à savoir comment se continuerait son histoire, qu’il a laissée inachevée. _

« … »

_Raphaël, à 20 ans, aurait pu être au doctorat en physique, étudier au MIT ou à Harvard, ou être un brillant étudiant à l’École polytechnique. Mais Raphaël n’a jamais atteint l’âge de 22 ans. À l’âge de 17 ans, dans un grand moment de détresse et de solitude, il a renoncé à savoir comment se continuerait son histoire, qu’il a laissée inachevée. _

« … »

+ Geneviève Vachon
+10 Geneviève Vachon
Sa biographie Geneviève Vachon - Biographie

Geneviève Vachon, 40 ans, est la prof de maths de Raphaël et de Jasmine. Très sensible au bien être des élèves, elle a été très attentive à Jasmine lors de l’arrivée de celle-ci à l’école; elle voulait s’assurer que la jeune fille serait bien intégrée à son milieu scolaire, car la transition n’allait pas de soi dans un milieu rural où bien des enfants se connaissaient depuis le primaire à leur arrivée à la polyvalente, et où les gens de couleur sont plutôt rares, voire absents du paysage.

C’est une enseignante proche des élèves et dynamique, préconisant l’intervention plutôt que le laisser-faire. Elle veut amener les élèves à remettre en question les clichés, par exemple que le fait d’avoir de bonnes notes ou de jouer aux échecs empêche d’être cool. Elle connaît très bien Raphaël aussi, puisque c’est elle qui s’occupe du club d’échecs de l’école. Elle est consciente de son malheureux statut de « rejet », et travaille à renforcer son estime de lui. Elle a vu avec soulagement et espoir la naissance d’une amitié entre Jasmine et Raphaël, et l’a encouragée.

Geneviève Vachon, 40 ans, est la prof de maths de Raphaël et de Jasmine. Très sensible au bien être des élèves, elle a été très attentive à Jasmine lors de l’arrivée de celle-ci à l’école; elle voulait s’assurer que la jeune fille serait bien intégrée à son milieu scolaire, car la transition n’allait pas de soi dans un milieu rural où bien des enfants se connaissaient depuis le primaire à leur arrivée à la polyvalente, et où les gens de couleur sont plutôt rares, voire absents du paysage.

C’est une enseignante proche des élèves et dynamique, préconisant l’intervention plutôt que le laisser-faire. Elle veut amener les élèves à remettre en question les clichés, par exemple que le fait d’avoir de bonnes notes ou de jouer aux échecs empêche d’être cool. Elle connaît très bien Raphaël aussi, puisque c’est elle qui s’occupe du club d’échecs de l’école. Elle est consciente de son malheureux statut de « rejet », et travaille à renforcer son estime de lui. Elle a vu avec soulagement et espoir la naissance d’une amitié entre Jasmine et Raphaël, et l’a encouragée.

10 ans plus tard Geneviève Vachon 10 ans plus tard

Geneviève, à 50 ans, enseigne toujours au secondaire avec autant de dévouement et de conviction.

« Cette année-là, j’étais responsable du club d’échecs. J’étais convaincue que, en montrant l’exemple, je réussirais à casser certains stéréotypes à la couenne dure. J’étais jolie, j’étais drôle, j’étais aimée des élèves; si c’était moi qui dirigeais le club d’échecs, peut-être que ça ferait comprendre aux jeunes que les défis intellectuels étaient aussi dignes d’admiration que les exploits sportifs?

Ça n’a pas très bien marché. Une poignée d’élèves seulement se sont inscrits, et à la fin de l’année, il n’en restait plus que six, dont Jasmine et Raphaël.

Je me suis toujours inquiétée pour Raphaël. Sa vie à l’école devait être un enfer. Il était déphasé par rapport aux intérêts des enfants de son âge, il était timide, il était petit et souvent malade. Il devait être malheureux comme les pierres, même s’il le cachait. Quand il était là, j’étais toujours sur le qui vive; j’essayais de le protéger des autres, aussi discrètement que possible. Mais on ne peut pas être là pour surveiller tout le temps, et je sais qu’il était persécuté, le mot n’est pas trop fort. Puis, avec Jasmine, j’ai eu une lueur d’espoir. Il avait une amie, et une amie fidèle. Il allait s’en faire d’autres, plus tard, après l’adolescence. Ça me rassurait.

J’avais bien tort. »

Geneviève, à 50 ans, enseigne toujours au secondaire avec autant de dévouement et de conviction.

« Cette année-là, j’étais responsable du club d’échecs. J’étais convaincue que, en montrant l’exemple, je réussirais à casser certains stéréotypes à la couenne dure. J’étais jolie, j’étais drôle, j’étais aimée des élèves; si c’était moi qui dirigeais le club d’échecs, peut-être que ça ferait comprendre aux jeunes que les défis intellectuels étaient aussi dignes d’admiration que les exploits sportifs?

Ça n’a pas très bien marché. Une poignée d’élèves seulement se sont inscrits, et à la fin de l’année, il n’en restait plus que six, dont Jasmine et Raphaël.

Je me suis toujours inquiétée pour Raphaël. Sa vie à l’école devait être un enfer. Il était déphasé par rapport aux intérêts des enfants de son âge, il était timide, il était petit et souvent malade. Il devait être malheureux comme les pierres, même s’il le cachait. Quand il était là, j’étais toujours sur le qui vive; j’essayais de le protéger des autres, aussi discrètement que possible. Mais on ne peut pas être là pour surveiller tout le temps, et je sais qu’il était persécuté, le mot n’est pas trop fort. Puis, avec Jasmine, j’ai eu une lueur d’espoir. Il avait une amie, et une amie fidèle. Il allait s’en faire d’autres, plus tard, après l’adolescence. Ça me rassurait.

J’avais bien tort. »

+ Antoine Potvin
+10 Antoine Potvin
Sa biographie Antoine Potvin - Biographie

Antoine Potvin, 11 ans, est l’un des élèves qui a pris Raphaël comme souffre-douleur depuis le primaire. Il a essayé de faire de même avec Jasmine, mais comme celle-ci était forte en sport, elle a gagné le respect des garçons, entre autres celui d’amis d’Antoine, ce qui fait que la campagne de salissage de celui-ci contre Jasmine s’est finalement révélée un échec. Frustré que son ascendant sur sa gang ait faibli, il a redoublé de hargne contre Raphaël, d’autant plus que celui-ci est l’ami et le protégé de Jasmine.

Antoine Potvin, 11 ans, est l’un des élèves qui a pris Raphaël comme souffre-douleur depuis le primaire. Il a essayé de faire de même avec Jasmine, mais comme celle-ci était forte en sport, elle a gagné le respect des garçons, entre autres celui d’amis d’Antoine, ce qui fait que la campagne de salissage de celui-ci contre Jasmine s’est finalement révélée un échec. Frustré que son ascendant sur sa gang ait faibli, il a redoublé de hargne contre Raphaël, d’autant plus que celui-ci est l’ami et le protégé de Jasmine.

10 ans plus tard Antoine Potvin 10 ans plus tard

À 21 ans, Antoine est intervenant social. Il travaille dans une maison des jeunes.

« Secondaire 1… Je ne le savais pas à l’époque, mais c’est l’année qui a décidé de mon choix de carrière. Dans ce temps-là, j’étais vraiment un gros épais. Je tapais sur tous ceux qui étaient plus faibles que moi. J’avais pas besoin de faire ça. J’étais cute, je pouvais avoir n’importe quelle fille, j’avais des bonnes notes, j’étais bon en sports, j’avais une grosse gang d’amis. J’avais même pas de problèmes familiaux pour justifier mon comportement. Mes deux parents étaient ensemble, ils étaient fins pis ben fiers de moi. Y’avait pas de quoi pourtant. Ça, c’est juste parce qu’ils ne se doutaient pas de ce que je faisais aux autres à l’école.

À 18 ans, j’étais au cégep à Québec. En achetant le journal un matin, j’ai vu le nom d’un gars que je connaissais. Que j’avais écœuré pendant des années, en fait. Raphaël Bégin. Il s’était suicidé la veille en se jetant du pont de Québec, mais il lui avait fallu un moment pour trouver le courage de sauter, et ça avait causé un embouteillage monstre. Dans le journal, c’était écrit qu’il avait laissé une note : « Plus capable. » Répété des centaines de fois sur l’écran de son ordi laissé allumé.

Sur tous ces « Plus capable »-là… y’en a sûrement une maudite gang dont je suis responsable. Je suis pas allé à son enterrement. Je suis sûr qu’il aurait pas voulu me voir là. Pis maintenant, je suis intervenant social. Ça ne rachète rien. Mais j’en aide toujours ben quelques-uns contre les Antoine Potvin de ce monde. »

À 21 ans, Antoine est intervenant social. Il travaille dans une maison des jeunes.

« Secondaire 1… Je ne le savais pas à l’époque, mais c’est l’année qui a décidé de mon choix de carrière. Dans ce temps-là, j’étais vraiment un gros épais. Je tapais sur tous ceux qui étaient plus faibles que moi. J’avais pas besoin de faire ça. J’étais cute, je pouvais avoir n’importe quelle fille, j’avais des bonnes notes, j’étais bon en sports, j’avais une grosse gang d’amis. J’avais même pas de problèmes familiaux pour justifier mon comportement. Mes deux parents étaient ensemble, ils étaient fins pis ben fiers de moi. Y’avait pas de quoi pourtant. Ça, c’est juste parce qu’ils ne se doutaient pas de ce que je faisais aux autres à l’école.

À 18 ans, j’étais au cégep à Québec. En achetant le journal un matin, j’ai vu le nom d’un gars que je connaissais. Que j’avais écœuré pendant des années, en fait. Raphaël Bégin. Il s’était suicidé la veille en se jetant du pont de Québec, mais il lui avait fallu un moment pour trouver le courage de sauter, et ça avait causé un embouteillage monstre. Dans le journal, c’était écrit qu’il avait laissé une note : « Plus capable. » Répété des centaines de fois sur l’écran de son ordi laissé allumé.

Sur tous ces « Plus capable »-là… y’en a sûrement une maudite gang dont je suis responsable. Je suis pas allé à son enterrement. Je suis sûr qu’il aurait pas voulu me voir là. Pis maintenant, je suis intervenant social. Ça ne rachète rien. Mais j’en aide toujours ben quelques-uns contre les Antoine Potvin de ce monde. »

+ Léa Paquette
+10 Léa Paquette
Sa biographie Léa Paquette - Biographie

Léa Paquette, 11 ans, est une jeune fille qui se croit tout permis parce qu’elle est belle. Elle est la blonde d’Antoine depuis 4 mois, ce qui confirme dans sa tête sa supériorité sur les autres filles, parce qu’Antoine est un trophée très en demande et, parmi la longue série de blondes qu’il a eues, seule Léa a su garder le beau Antoine à son bras pendant plus de 3 semaines. Le secret de Léa? Ne pas contredire Antoine. Donc, Léa n’aime ni Jasmine, ni Raphaël, principalement parce qu’Antoine ne les aime pas, mais aussi parce qu’elle n’aime que les gens qui sont conformes à son idée de la beauté, à laquelle Jasmine et Raphaël ne correspondent pas.

Léa Paquette, 11 ans, est une jeune fille qui se croit tout permis parce qu’elle est belle. Elle est la blonde d’Antoine depuis 4 mois, ce qui confirme dans sa tête sa supériorité sur les autres filles, parce qu’Antoine est un trophée très en demande et, parmi la longue série de blondes qu’il a eues, seule Léa a su garder le beau Antoine à son bras pendant plus de 3 semaines. Le secret de Léa? Ne pas contredire Antoine. Donc, Léa n’aime ni Jasmine, ni Raphaël, principalement parce qu’Antoine ne les aime pas, mais aussi parce qu’elle n’aime que les gens qui sont conformes à son idée de la beauté, à laquelle Jasmine et Raphaël ne correspondent pas.

10 ans plus tard Léa Paquette 10 ans plus tard

À 21 ans, Léa Paquette est devenue esthéticienne et a conservé ce remarquable sentiment d’être quelqu’un d’accompli qui la caractérisait déjà à 11 ans.

« En secondaire 1, je sortais avec le beau Antoine Potvin. Je suis sortie avec jusqu’en secondaire 3. Heille, j’étais sûre qu’on allait se marier pis avoir des enfants ensemble! Mais finalement mes parents ont déménagé à Québec fait qu’on a cassé. Y’a rien qui arrive pour rien dans la vie : j’ai entendu dire qu’il était devenu intervenant social. Il doit faire genre 20 000 piasses par année? Qu’est-ce que tu veux faire avec ça! En secondaire 1, il était hot, mais là, il est devenu pire que les losers de qui on riait quand on était ensemble à la poly.

Comme Raphaël Bégin, là, qui s’est tué. Pauvre p’tit, il faisait vraiment pitié. C’est un peu triste. La vie est mal faite. Ou plutôt, c’est les humains qui sont mal faits. Genre Raphaël, si ça avait été un chaton, sa mère l’aurait sûrement mangé à la naissance. Au lieu de ça, il a souffert souffert souffert… pour rien… alors qu’en fait, il était juste pas assez fort pour survivre dès le point de départ. Moi je trouve ça triste. »

À 21 ans, Léa Paquette est devenue esthéticienne et a conservé ce remarquable sentiment d’être quelqu’un d’accompli qui la caractérisait déjà à 11 ans.

« En secondaire 1, je sortais avec le beau Antoine Potvin. Je suis sortie avec jusqu’en secondaire 3. Heille, j’étais sûre qu’on allait se marier pis avoir des enfants ensemble! Mais finalement mes parents ont déménagé à Québec fait qu’on a cassé. Y’a rien qui arrive pour rien dans la vie : j’ai entendu dire qu’il était devenu intervenant social. Il doit faire genre 20 000 piasses par année? Qu’est-ce que tu veux faire avec ça! En secondaire 1, il était hot, mais là, il est devenu pire que les losers de qui on riait quand on était ensemble à la poly.

Comme Raphaël Bégin, là, qui s’est tué. Pauvre p’tit, il faisait vraiment pitié. C’est un peu triste. La vie est mal faite. Ou plutôt, c’est les humains qui sont mal faits. Genre Raphaël, si ça avait été un chaton, sa mère l’aurait sûrement mangé à la naissance. Au lieu de ça, il a souffert souffert souffert… pour rien… alors qu’en fait, il était juste pas assez fort pour survivre dès le point de départ. Moi je trouve ça triste. »

Personnages
Jasmine Jean-Baptiste
Jasmine Jean-Baptiste Sa biographie
10 ans plus tard
Jasmine Jean-Baptiste - Biographie

Jasmine Jean-Baptiste, 11 ans, est en secondaire 1. Elle est arrivée au Canada l’année précédente dans le cadre du Programme spécial de parrainage humanitaire mis en place par le gouvernement du Québec après le séisme ayant dévasté Haïti. C’est grâce à son oncle agronome, établi dans un petit village de la campagne québécoise depuis quelques années, que Jasmine et sa famille ont pu se réfugier au Canada après avoir tout perdu dans le séisme, et les nouveaux arrivants se sont ainsi retrouvés catapultés du jour au lendemain en milieu rural québécois.

Jasmine, Noire, chrétienne pratiquante et nouvelle immigrante : tous les ingrédients étaient réunis pour être victime d’intimidation. Sauf que Jasmine appartient à une famille tissée serrée, instruite, où l’entraide mais également la réussite sont valorisées. Cette cellule, qui est son centre, sa référence, lui a permis de trouver la force nécessaire pour traverser l’épreuve de l’intégration.

L’autre pilier de sa vie est le sport, pour lequel elle est douée. Elle a découvert avec excitation le hockey lors de son premier hiver. Elle brille un peu moins dans les matières « cérébrales », surtout les mathématiques. Son père a donc exigé qu’elle s’inscrive au club d’échecs de l’école à son arrivée au Québec, et dans la famille Jean-Baptiste, on ne conteste pas l’autorité parentale. Par contre, on peut négocier : en échange, Jasmine a demandé de faire partie l’équipe de hockey féminin, et ses parents ont accepté. C’est au club d’échecs qu’elle a fait la connaissance de Raphaël, qui a été son premier ami à sa nouvelle école. Ils sont très proches, et essaient de s’aider mutuellement : Raphaël aide Jasmine dans ses devoirs et dans son apprentissage de la vie québécoise, et Jasmine essaie d’aider Raphaël à faire sa place à l’école et à se faire respecter.

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Jasmine Jean-Baptiste 10 ans plus tard

_Jasmine, à 21 ans, fait son baccalauréat en éducation physique; elle veut enseigner dans une école secondaire. _

« Secondaire 1… c’est l’année où je venais d’arriver au Canada. C’était pas évident, ça faisait beaucoup de nouveau d’un seul coup : l’hiver, la campagne, le sirop d’érable, le hockey, et puis la langue… Avec mes sœurs et mon frère, le soir, on pratiquait notre québécois. On se disait les nouveaux mots qu’on avait entendus pendant la journée, on essayait de les utiliser, de les combiner. On a appris vite, entre autres grâce à Raphaël, qui m’en expliquait plein. Comme le mot nerd. « Un nerd, c’est facile : c’est un moi. » Je me souviens qu’il a lâché ça comme si c’était rien, en souriant. Mais c’était loin d’être rien. Il se faisait écœurer sans arrêt. Il manquait souvent l’école. Ça devait être trop dur de subir ça tout le temps; il avait besoin de breaks.

Raphaël a été mon premier ami au Québec. On s’est perdus de vue après le secondaire 5, mais jusque-là, on est toujours restés proches, même si j’avais une autre gang, du monde qui faisait du sport. J’ai tellement voulu l’aider à devenir cool. Je l’ai amené avec moi dans des partys. Mais ça ne marchait pas. Il mettait les autres mal à l’aise tellement il était lui-même mal à l’aise. Alors j’ai continué à le voir toute seule. J’ai arrêté de vouloir le changer ou de changer les autres, mais jamais de le défendre. Ça me mettait hors de moi quand on se moquait de lui. Ça a duré jusqu’à la fin du secondaire. J’espérais toujours que ça se calme, mais non, ils ne l’ont jamais laissé tranquille. J’ai été impuissante à les arrêter.

Je serais curieuse de savoir ce qu’il serait devenu aujourd’hui. Je veux dire, s’il n’avait pas sauté en bas du pont il y a quatre ans. »

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Raphaël Bégin
Raphaël Bégin Sa biographie
10 ans plus tard
Raphaël Bégin - Biographie

Raphaël Bégin, 10 ans, est un nerd jusqu’au bout des ongles. Il porte des lunettes. Il a sauté une année au primaire. Il a des notes très fortes, sans presque étudier. Il s’intéresse aux mathématiques, aux échecs, mais aussi à l’astronomie et aux sciences en général. Il sait bien que rien de cela n’est cool aux yeux des autres, mais il n’y peut rien; il est né comme ça, avec une intelligence hors normes, une mémoire d’éléphant, une passion pour l’abstraction, les concepts logiques et les sciences, et une incapacité à s’intéresser ou même à faire semblant de s’intéresser à des sujets comme le nom des joueurs des Canadiens et les résultats des parties de football. Son cauchemar absolu est l’éducation physique. Il est nul en sports, n’a aucun intérêt pour eux et, même s’il les aimait, son asthme aurait été un handicap sévère.

Il est victime d’intimidation depuis la quatrième année, soit l’année où il a sauté une classe. Il trouve injuste d’avoir le corps qu’il a, avec sa petite constitution, ses problèmes de vue, son asthme; il se dit que si, au moins, il avait été plus imposant physiquement, on l’aurait laissé en paix avec ses étoiles et ses chiffres. Quand il y pense, il prend pour exemple Antoine Potvin, son principal bourreau, qui a des notes presque aussi bonnes que lui mais qui, à la différence de Raphaël, est beau et excelle dans les sports d’équipe, caractéristiques qui l’excluent, malgré sa réussite scolaire, de la catégorie peu enviable des nerds. Raphaël est bien sûr très malheureux mais, pour le cacher, il s’évade dans les livres, et ses parents ne s’en inquiètent pas, parce qu’il a toujours été un petit garçon tranquille, réservé et intello, alors ils n’ont décelé aucun changement de comportement chez lui depuis sa quatrième année.

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Raphaël Bégin 10 ans plus tard

_Raphaël, à 20 ans, aurait pu être au doctorat en physique, étudier au MIT ou à Harvard, ou être un brillant étudiant à l’École polytechnique. Mais Raphaël n’a jamais atteint l’âge de 22 ans. À l’âge de 17 ans, dans un grand moment de détresse et de solitude, il a renoncé à savoir comment se continuerait son histoire, qu’il a laissée inachevée. _

« … »

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Geneviève Vachon
Geneviève Vachon Sa biographie
10 ans plus tard
Geneviève Vachon - Biographie

Geneviève Vachon, 40 ans, est la prof de maths de Raphaël et de Jasmine. Très sensible au bien être des élèves, elle a été très attentive à Jasmine lors de l’arrivée de celle-ci à l’école; elle voulait s’assurer que la jeune fille serait bien intégrée à son milieu scolaire, car la transition n’allait pas de soi dans un milieu rural où bien des enfants se connaissaient depuis le primaire à leur arrivée à la polyvalente, et où les gens de couleur sont plutôt rares, voire absents du paysage.

C’est une enseignante proche des élèves et dynamique, préconisant l’intervention plutôt que le laisser-faire. Elle veut amener les élèves à remettre en question les clichés, par exemple que le fait d’avoir de bonnes notes ou de jouer aux échecs empêche d’être cool. Elle connaît très bien Raphaël aussi, puisque c’est elle qui s’occupe du club d’échecs de l’école. Elle est consciente de son malheureux statut de « rejet », et travaille à renforcer son estime de lui. Elle a vu avec soulagement et espoir la naissance d’une amitié entre Jasmine et Raphaël, et l’a encouragée.

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Geneviève Vachon 10 ans plus tard

Geneviève, à 50 ans, enseigne toujours au secondaire avec autant de dévouement et de conviction.

« Cette année-là, j’étais responsable du club d’échecs. J’étais convaincue que, en montrant l’exemple, je réussirais à casser certains stéréotypes à la couenne dure. J’étais jolie, j’étais drôle, j’étais aimée des élèves; si c’était moi qui dirigeais le club d’échecs, peut-être que ça ferait comprendre aux jeunes que les défis intellectuels étaient aussi dignes d’admiration que les exploits sportifs?

Ça n’a pas très bien marché. Une poignée d’élèves seulement se sont inscrits, et à la fin de l’année, il n’en restait plus que six, dont Jasmine et Raphaël.

Je me suis toujours inquiétée pour Raphaël. Sa vie à l’école devait être un enfer. Il était déphasé par rapport aux intérêts des enfants de son âge, il était timide, il était petit et souvent malade. Il devait être malheureux comme les pierres, même s’il le cachait. Quand il était là, j’étais toujours sur le qui vive; j’essayais de le protéger des autres, aussi discrètement que possible. Mais on ne peut pas être là pour surveiller tout le temps, et je sais qu’il était persécuté, le mot n’est pas trop fort. Puis, avec Jasmine, j’ai eu une lueur d’espoir. Il avait une amie, et une amie fidèle. Il allait s’en faire d’autres, plus tard, après l’adolescence. Ça me rassurait.

J’avais bien tort. »

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Antoine Potvin
Antoine Potvin Sa biographie
10 ans plus tard
Antoine Potvin - Biographie

Antoine Potvin, 11 ans, est l’un des élèves qui a pris Raphaël comme souffre-douleur depuis le primaire. Il a essayé de faire de même avec Jasmine, mais comme celle-ci était forte en sport, elle a gagné le respect des garçons, entre autres celui d’amis d’Antoine, ce qui fait que la campagne de salissage de celui-ci contre Jasmine s’est finalement révélée un échec. Frustré que son ascendant sur sa gang ait faibli, il a redoublé de hargne contre Raphaël, d’autant plus que celui-ci est l’ami et le protégé de Jasmine.

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Antoine Potvin 10 ans plus tard

À 21 ans, Antoine est intervenant social. Il travaille dans une maison des jeunes.

« Secondaire 1… Je ne le savais pas à l’époque, mais c’est l’année qui a décidé de mon choix de carrière. Dans ce temps-là, j’étais vraiment un gros épais. Je tapais sur tous ceux qui étaient plus faibles que moi. J’avais pas besoin de faire ça. J’étais cute, je pouvais avoir n’importe quelle fille, j’avais des bonnes notes, j’étais bon en sports, j’avais une grosse gang d’amis. J’avais même pas de problèmes familiaux pour justifier mon comportement. Mes deux parents étaient ensemble, ils étaient fins pis ben fiers de moi. Y’avait pas de quoi pourtant. Ça, c’est juste parce qu’ils ne se doutaient pas de ce que je faisais aux autres à l’école.

À 18 ans, j’étais au cégep à Québec. En achetant le journal un matin, j’ai vu le nom d’un gars que je connaissais. Que j’avais écœuré pendant des années, en fait. Raphaël Bégin. Il s’était suicidé la veille en se jetant du pont de Québec, mais il lui avait fallu un moment pour trouver le courage de sauter, et ça avait causé un embouteillage monstre. Dans le journal, c’était écrit qu’il avait laissé une note : « Plus capable. » Répété des centaines de fois sur l’écran de son ordi laissé allumé.

Sur tous ces « Plus capable »-là… y’en a sûrement une maudite gang dont je suis responsable. Je suis pas allé à son enterrement. Je suis sûr qu’il aurait pas voulu me voir là. Pis maintenant, je suis intervenant social. Ça ne rachète rien. Mais j’en aide toujours ben quelques-uns contre les Antoine Potvin de ce monde. »

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Léa Paquette
Léa Paquette Sa biographie
10 ans plus tard
Léa Paquette - Biographie

Léa Paquette, 11 ans, est une jeune fille qui se croit tout permis parce qu’elle est belle. Elle est la blonde d’Antoine depuis 4 mois, ce qui confirme dans sa tête sa supériorité sur les autres filles, parce qu’Antoine est un trophée très en demande et, parmi la longue série de blondes qu’il a eues, seule Léa a su garder le beau Antoine à son bras pendant plus de 3 semaines. Le secret de Léa? Ne pas contredire Antoine. Donc, Léa n’aime ni Jasmine, ni Raphaël, principalement parce qu’Antoine ne les aime pas, mais aussi parce qu’elle n’aime que les gens qui sont conformes à son idée de la beauté, à laquelle Jasmine et Raphaël ne correspondent pas.

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Léa Paquette 10 ans plus tard

À 21 ans, Léa Paquette est devenue esthéticienne et a conservé ce remarquable sentiment d’être quelqu’un d’accompli qui la caractérisait déjà à 11 ans.

« En secondaire 1, je sortais avec le beau Antoine Potvin. Je suis sortie avec jusqu’en secondaire 3. Heille, j’étais sûre qu’on allait se marier pis avoir des enfants ensemble! Mais finalement mes parents ont déménagé à Québec fait qu’on a cassé. Y’a rien qui arrive pour rien dans la vie : j’ai entendu dire qu’il était devenu intervenant social. Il doit faire genre 20 000 piasses par année? Qu’est-ce que tu veux faire avec ça! En secondaire 1, il était hot, mais là, il est devenu pire que les losers de qui on riait quand on était ensemble à la poly.

Comme Raphaël Bégin, là, qui s’est tué. Pauvre p’tit, il faisait vraiment pitié. C’est un peu triste. La vie est mal faite. Ou plutôt, c’est les humains qui sont mal faits. Genre Raphaël, si ça avait été un chaton, sa mère l’aurait sûrement mangé à la naissance. Au lieu de ça, il a souffert souffert souffert… pour rien… alors qu’en fait, il était juste pas assez fort pour survivre dès le point de départ. Moi je trouve ça triste. »

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L'avis des spécialistes
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Le Match de Basket Sam est en secondaire 2. Il est très fier de faire partie de l’équipe de basket depuis le début de l’année. Cependant, certains de ses coéquipiers acceptent mal la nouvelle recrue, et la situation finit... #violence physique / #parents